Rencontres

Rencontre avec l’auteure Sophie Aubard

Sophie a été la première à faire confiance au blog « Au fil des livres » : premiers échanges de mails, premier envoi de roman, première dédicace. Une rencontre riche et amicale et un écrit  » Pas de deux » aux éditions Mosésu pour lequel j’ai fait une chronique il y a quelques jours. Un roman qui mérite une attention.

Je vous invite à « rencontrer » Sophie AUBARD :

Bonjour Sophie !

Merci de répondre aux questions d’Au Fil des Livres. C’est un vrai plaisir d’échanger avec vous.

AFDL : Qui êtes-vous, Sophie Aubard ?

Sophie : Oh, quelle question ! Je n’ai pas toutes les réponses ,et c’est peut-être mieux comme ça ! Avant toute chose, j’aime rire. De moi-même, et de tout. J’ai tendance à placer souvent le filtre « rigolade » sur les événements, il s’agit d’une forme de pudeur et de bienveillance. Mieux vaut montrer un visage rieur que soucieux. Ceux qui croisent mon chemin n’y sont souvent pour rien. Et, je m’intéresse aux autres. Ils me surprennent souvent ! J’aime la vie dans son ensemble lire, écrire, avoir l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, d’écouter leur histoire et leurs histoires, voyager, faire du sport. Et tous les succulents moments en famille ou avec des amis. Mais toujours avec réserve et pudeur, je suis d’un naturel introverti et le vis bien.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Sophie : D’abord, une envie tenace, quasi compulsive dont rien ne peut me détourner. Ensuite, du bonheur lorsque les mots s’ordonnent, cette impression de plonger dans un autre univers, et la notion du temps qui disparaît complètement. Cela représente beaucoup de travail aussi, mais toujours du  plaisir.  Je lis, relis, corrige, plusieurs fois. Écoute les conseils avisés, accepte toutes les critiques à condition qu’elles ne perturbent pas l’histoire, les personnages.  Quand j’écris, je suis hors du temps, entièrement accaparée par les mots. Mon seul compagnon dans ces moments est le dictionnaire !

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Sophie : J’ai commencé tôt, grâce à ma mère qui glissait des enveloppes timbrées dans ma valise quand je partais en colonie de vacances. Je me devais d’envoyer une lettre à tous les membres de ma famille, et comme ils se voyaient souvent, je ne pouvais pas dupliquer ! Ensuite, j’ai écrit pour les besoins de mon métier que ce soient des présentations, des discours, des journaux d’entreprises, lettres d’information… L’écriture d’un roman est née de la rencontre avec un journaliste. Je venais créer de mon entreprise dans le domaine des ressources humaines, il m’a dit « si vous voulez qu’on parle de votre société, écrivez un bouquin ». Alors j’ai commencé à rédiger un manuel « Stratégies de négociation pour quitter son entreprise », que je n’ai jamais terminé de peur de sombrer dans la dépression. Mais j’ai réalisé que j’aimais écrire, à condition que le sujet me tente évidemment. Je venais de vivre une sale année, de celles qui peuvent vous rendre superstitieuse, alors j’ai raconté mon histoire. Une bonne thérapie.  Ensuite, j’allais mieux, et est né « Pas de deux ».

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Sophie : N’importe quand, je peux écrire de 7 h à minuit, me réveiller en pleine nuit parce que j’ai une idée. La règle est que je n’en ai pas. Ce qu’il y a de terrible dans ces moments-là, c’est qu’on ne pense qu’à écrire, et de se dire « J’ai passé deux heures à faire les courses, deux heures où j’aurais pu écrire. » Donc, j’optimise mon temps, je fais tout vite, pour rapidement retrouver les mots.

AFDL :  « Pas de Deux » est votre premier roman, où avez-vous trouvé l’inspiration ?

Sophie : Elle est multiple. Ce sont des bribes d’histoires de belles personnes que je connais ou ai eu la chance de rencontrer. La gémellité vient de mes belles filles, le thème du deuil d’un homme qui avait perdu son fils et en parlait avec autant de pudeur que de douleur. Je me suis demandé « comment peut-on survivre après ça ? » Dieu, je ne l’ai pas rencontré, même si la question se pose dans le roman ! Enfin, l’aviation ouvre le livre, j’y ai commencé ma carrière.

AFDL : Combien de temps vous a-t-il fallu pour l’écrire ?

Sophie : Environ six mois, corrections comprises. Cette phase est la plus frustrante, parce qu’avant de se dire « cette fois, c’est bien »,  il y a eu des ajouts, des suppressions, et de nombreuses consultations du dictionnaire. Ce mot là ? Non, celui-ci ! Toute une gymnastique, mais toujours du plaisir, l’envie de satisfaire le lecteur.

AFDL : Les héroïnes de votre roman sont jumelles, pourquoi ce choix ?

Sophie  : J’aurais aimé avoir une jumelle pour faire des bêtises ! Mais aussi pour avoir une « âme sœur », une complice de tout instant. André Comte Sponville dans son livre audio « L’amour » donne une explication de ce manque qui m’a beaucoup touchée. Il évoque la complétude originelle, le fait qu’il y a fort longtemps, nous aurions « peut-être » été coupés en deux verticalement, et passons ainsi notre vie à chercher notre moitié qui nous manque. Parmi mes quatre belles filles, les aînées sont jumelles. Elles se ressemblent physiquement, mais également en tout ce qui pourrait les différencier. J’ai donc un peu « piraté » pour décrire Solyne et Manon, mais uniquement leur beauté et leur bonté !

AFDL : Le drame à l’origine de l’histoire est un accident d’avion, ce n’est pas banal !

Sophie : L’inspiration non plus ! Elle vient d’un fou rire mémorable qui m’a laissé des crampes aux abdominaux pendant deux jours. À 25 ans, je travaillais pour une petite compagnie aérienne aux Antilles qui transportait des denrées alimentaires, et des passagers. J’étais toujours partante pour un vol dans un petit avion, et ai eu la chance d’atterrir (saine et sauve) à plusieurs reprises à Saint-Barthélemy.  Lors d’un atterrissage, l’avion était secoué par les rafales, et mon ami pilote me racontait en riant l’histoire de toutes les carcasses d’avions qui balisaient la piste (elles ont disparu aujourd’hui). Alors, qu’il guidait l’avion en rase-mottes au-dessus des voitures, je lui ai demandé : « Tu imagines le constat à l’assurance ? J’ai pris un train d’atterrissage dans le pare-brise ! » Et on est parti dans un délire, on en riait encore longtemps après être descendus de l’avion.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Sophie : Oui, de nombreux, dont un à quatre mains avec mon amie France Bouvier. On a le plan, les personnages, ne nous manque que le temps. Ce projet me tient à cœur, si France est dans le détail, je suis plutôt globale, l’écriture s’annonce intéressante. Et on s’est régalée en imaginant nos personnages, on a toutes les deux le goût du travail bien fait, et un sens de l’humour à toute épreuve.

AFDL : Êtes-vous, vous-même, lectrice ? Que lisez-vous habituellement ?

Sophie : Je lis tout, tout le temps. À l’exception de la science-fiction, un univers où je ne parviens pas à me plonger. Je lis beaucoup de romans policiers (toutes variantes confondues), les classiques, des biographies, des romans historiques, de la poésie, et depuis peu j’ai même appris à lire des BD ! Et bien sûr tout ce qui traite de l’actualité et des ressources humaines.

AFDL : Quel est votre livre préféré ?

Sophie : « L’existentialisme est un humanisme » de Sartre, c’est ma Bible !

AFDL : Un dernier petit mot pour nos lecteurs

Sophie : J’apprécie leur courage, prendre le risque de lire une inconnue, et un avion en pleine figure ! Cet instant de lecture partagé à travers « Pas de deux » est comme un bon repas avec des amis. L’instant d’une rencontre où l’on est en phase. Être publiée est fantastique, mais quel trac !

 

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