Auteurs·Rencontres

Rencontre avec Emmanuelle de Boysson

Les années solexÉcrivain et critique littéraire, Emmanuelle de Boysson est présidente du Prix de la Closerie des Lilas. Elle a publié de nombreux essais et romans dont  «Les grandes Bourgeoises» (Editions JC Lattès – Pocket – 2006) et «Le Bonheur en Prime» (Editions Flammarion – 2014). 

« Les Années Solex » est son dernier roman paru aux Editions H. d’Ormesson en février 2017 (chronique du blog le 28.03.207)

Emmanuelle de Boysson a accepté de répondre aux questions de Au Fil des Livres. Je vous invite à la découvrir.

Bonjour Emmanuelle ! Je suis sincèrement ravie que cette « rencontre » ait lieu.

AFDL : Qui êtes-vous, Emmanuelle de Boysson ?
Emmanuelle : Comme beaucoup d’artistes, j’ai plusieurs facettes. Une palette d’émotions qui me permet de nourrir mes personnages, de me servir des zones les plus sombres de ma personnalité, comme des plus lumineuses. Portée à la rêverie, solitaire et gourmande, je suis émotive, facilement déstabilisée, capable de me dévoiler, d’agir impulsivement pour plaire, par imprudence, pour répondre au « désir de l’autre » réel ou fantasmé. J’ai pourtant appris à me protéger, à garder mon calme à relativiser, à faire confiance à mon naturel optimiste, à mes intuitions. Sensible à l’amitié, à la solidarité, je suis entourée d’amies formidables au Prix de La Closerie des Lilas. J’aime jardiner, lire, cuisiner, les séjours en Italie ou en Bretagne…   

AFDL : Ecrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Emmanuelle : L’écriture est une vieille compagne des bons et des mauvais jours. Un champ de liberté, une évasion, une manière de fuir l’ennui.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Emmanuelle : Les romanciers que j’admire, mes rêves et rêveries, les gens ordinaires, des épisodes de ma vie, un détail, un film, un livre, un fait divers. Je suis une éponge, tout m’inspire…

 AFDL : Quand écrivez-vous ? Comment ?
Emmanuelle : Quand je commence un roman, je ne lâche pas le fil, j’y pense souvent, en vélo, dans mon bain, mon lit… Les scènes naissent de ces flâneries, de mon imaginaire. Je donne des objectifs à mes personnages : se venger, séduire, tramer… Ils prennent forme, s’imposent dans ma caboche ou à partir de souvenirs, de rencontres, m’échappent. Je me mets à écrire vers 10 h du matin, sans me donner d’horaires. Parfois j’arrête à l’heure espagnole, pour lire, me balader, et je reprends le soir

AFDL : « Les années solex » est-il un roman autobiographique ?
Emmanuelle : Je me suis servie de mon journal, une matière formidable pour un roman ! Il y a bien sûr beaucoup de moi chez Juliette, mais j’ai voulu recréer le passé, construire une histoire. J’ai dû ré-inventer chaque scène à partir de sensations qui resurgissent par magie, d’odeurs, couleurs, musique.

AFDL : « Les années solex » évoque les années 70 et la quête de liberté de la jeunesse, que pensez-vous qu’il en reste actuellement ?
Emmanuelle : La plupart des chanteurs et des groupes rock sont devenus mythiques. L’autorité a été remise en question au profit du respect du salarié, de l’étudiant, de l’enfant, même s’il y a eu des dérives. Mais je ne suis pas essayiste ni historienne. D’autres sont plus doués que moi pour faire le bilan de ces années-là.

AFDL : Aux prises avec la crise, trouvez-vous la jeunesse actuelle différente de celle des années 70 ?
Emmanuelle : Plus solitaires, dépendants des réseaux, les jeunes ne sont pas si différents de ceux des années 70. Mon roman dépasse l’époque : une plongée dans la psychologie des adolescents, leurs états d’âme, leurs excès, leurs coups de cafard, le sentiment d’être incompris, leurs désirs, leurs passions souvent étouffées…Chacun y retrouvera un peu de son adolescence, y puisera des forces. Trop souvent, nous rentrons dans le rang, comme Juliette. Nous abandonnons nos rêves pour suivre les chemins tout tracés et plus tard, il est encore possible d’y revenir.

AFDL : Qu’a apporté cette période aux femmes ?
Emmanuelle : Les femmes ont acquis plus de liberté grâce à ces revendications. A l’époque, prendre la pilule était mal vu, le divorce, une honte. Beaucoup de filles étaient élevées pour se marier. C’est vraiment chez les femmes que le changement a été important.

AFDL : Les femmes se sont beaucoup émancipées, quelles sont encore les problématiques les plus profondes à traiter ?
Emmanuelle : L’égalité des salaires, l’accès à tous les métiers, à des postes à responsabilité, à la politique par exemple. Beaucoup reste à faire en France et dans le monde afin que les femmes ne subissent plus la violence des hommes, la violence conjugale.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?
Emmanuelle : Oui, j’ai des idées… La suite, peut-être ou une histoire de couple. En tous cas, avant je ferai le scénario d’adaptation de Balzac amoureux (Rabelais), mon livre sur l’influence des femmes dans la vie de Balzac.

AFDL : Quels sont les livres de votre PAL d’avril ?
Emmanuelle :
– « Pourquoi je préfère rester chez moi » de Benoît Duteurtre ( Fayard)

– « Je me tuerais pour vous », nouvelles inédites de Fitzgerald ( Grasset/ Fayard)
– « Villa Kérylos », d’Adrien Goetz ( Grasset)
– « Un chien en ville », de Jules Cassot ( Rivages)
– « Un palais de papier », de Françoise Hamel ( Fayard)
– « Pour que rien ne s’efface », de Catherine Locandro ( EHO)
– « L’amant noir », d’Etienne de Montéty ( Gallimard)
– « Le vertige des falaises » de Gilles Paris (Plon) …

AFDL : Un dernier mot pour nos lecteurs …
Emmanuelle : Relisez vos classiques, Proust, Stendhal, Flaubert, Balzac… les Russes, Zweig. Et ne vous laissez pas influencer par ces lancements de livres dits « à succès ». Prenez plutôt conseil auprès de votre libraire… Il y a tant de bons livres dont on ne parle pas assez !  

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