Feel Good

Là où tu iras j’irai – Marie VAREILLE

LÀ OÙ TU IRAS J’IRAI – Marie VAREILLE

Editions Mazarine – Mars 2017

La ou tu iras - decouv mois

Merci aux Editions Mazarine pour leur envoi 🙂

4ème de couverture

Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : prometteuse en théorie, catastrophique en pratique.
Le jour où elle refuse la demande en mariage de l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue, avec pour toute fortune vingt-quatre euros sur son compte en banque. Elle est alors forcée d’accepter le seul travail qu’on lui propose : utiliser ses talents de comédienne pour séduire Jan Kozlowski, un jeune veuf sur le point de se remarier.
La voilà donc partie en Italie, dans la maison de vacances de la richissime et déjantée famille Kozlowski. Seule ombre aux deux semaines de dolce vita qui se profilent : pour exécuter en toute discrétion sa mission « séduction », Isabelle devra jouer le rôle de l’irréprochable nanny anglaise de Nicolas, 8 ans, qui n’a pas prononcé un seul mot depuis la mort de sa mère cinq ans plus tôt. Isabelle est bien loin d’imaginer à quel point cette rencontre improbable avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.

Mon avis

Trentenaire immature, insouciante et maladroite, Isabelle fuit les responsabilités : pas d’enfant (elle les déteste), pas de mari (elle rompt avec son amoureux Quentin quand il la demande en mariage).  Fauchée, affectée par cette rupture, elle accepte le job qu’Adriana, adolescente de 17 ans en rébellion, lui offre. Pour une somme conséquente, il lui faudra séduire le père de cette dernière afin de faire capoter ses fiançailles. Isabelle s’envole donc pour l’Italie, sous une fausse identité et endosse le rôle de la parfaite nounou.

Elle se trouve alors confrontée à une famille bancale aux membres peu ordinaires : Jan, le père absent – Valentina, la grand-mère autoritaire et coincée – Adriana, star des réseaux sociaux, blasée et agressive –  Zoé, sa cadette au tempérament explosif, accroc des jeux vidéo et Nicolas, le petit dernier âgé de 8 ans, enfermé dans un mutisme impénétrable.

Avec beaucoup de talent, d’émotion et de délicatesse, Marie Vareille nous dresse un portait de chacun de ses personnages brisés par le deuil. Tous  composent avec leur douleur, s’adaptent, se blessent mutuellement, alimentant crises, malentendus et  non-dits. Isabelle, elle-même, malmenée par la vie, va recoller un à un les morceaux de cette famille attachante.

Intuitive et spontanée, elle va apprivoiser Nicolas par la lecture de Harry Potter – héros orphelin auquel le petit garçon peut s’identifier. Au-delà de ses silences, elle l’entend.

« Isabelle eut un vertige. Il lui sembla d’un coup que le silence de l’enfant communiquait une tristesse plus contagieuse que n’importe quelle crise de larmes, qu’il envahissait la pièce comme un courant d’air glacé. »

Lui, devine qu’elle comprend.

« Quatre : être tout à coup certain qu’elle comprenait son silence, le vide, le manque et l’absence qui l’habitaient, parce qu’il venait de lire les mêmes sur son visage ».

Les situations sont drôles, cocasses, terriblement bien écrites et parviennent à dédramatiser une situation pourtant difficile. On sourit, on rit. Isabelle charme les filles, sensibilise le père et amadoue la grand-mère.

Parfois l’émotion nous submerge, arrache une larme. Isabelle, ce n’est pas « l’idiote de service ».

« Nicolas et Isabelle s’étaient rapprochés parce qu’ils savaient tous les deux que le silence est la seule réponse logique face à l’incapacité des mots à exprimer l’inexprimable.»

La plume de Marie Vareille est légère, fluide, audacieuse et pétillante. Son roman se commence et ne se repose qu’achevé. L’écriture y est fine et entraînante. Habilement les scènes se succèdent animant des personnages riches et réalistes. On est chez soi, parmi eux, invité à leurs repas, à leurs périples et leurs échanges. On entend leur chagrin. On devine leurs espoirs. On pourrait presque étreindre Nicolas, rassurer Zoé ou soulager Valentina. Monter sur la vespa, sentir la brise du vent. Rire avec Isabelle des Kinder Surprise et presser sa main pour l’encourager.

Marie Vareille nous emporte. Experte. Aguerrie à l’écriture de  ces « feel-good » pas si anodins qu’on  ne le pense. Un excellent moment.

 

3 réflexions au sujet de « Là où tu iras j’irai – Marie VAREILLE »

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