Bandes Dessinées

MACARONI – T. CAMPI – V. ZABUS

MacaroniMACARONI – Thomas CAMPI – Vincent ZABUS

Editions DUPUIS – Coll. « Grand Public »
Avril 2016

Genre : Biographie/documentaire
Age du lectorat : 12+
Album cartonné – 144 pages 
en couleurs

coeur 4

4ème de couverture

« Le vieux chiant », c’est comme ça que Roméo appelle son grand-père depuis des années. Alors quand il apprend qu’il va devoir passer quelques jours avec lui, à Charleroi, sans télé, dans sa vieille maison de miner … c’est une certaine idée de l’enfer pour le gamin de 11 ans. C’était une simple semaine de vacances dans une ville grise de Belgique, ce sera l’occasion de lever le silence qui pèse sur trois générations d’hommes.

Un récit humain et touchant qui nous parle de l’immigration italienne, du travail à la mine et du difficile accouchement de la parole quand, une vie durant, on a été habitué à se taire.

Mon avis

Dans la préface, Salvatore Adamo écritMacaroni 1 « Le dessin de Thomas Campi, aux teintes ocres et terre de Sienne, avec de gros plans hyperréalistes éloquents, est généreux et subtil. Le scénario et les dialogues de Vincent Zabus, qui s’est accroché pendant des années à l’idée de rendre hommage au père d’une amie dont l’histoire l’avait particulièrement ému et émerveillé, recréent avec sensibilité et justesse le décor et l’atmosphère heureuse mais néanmoins mélancolique dans laquelle a baigné ma prime jeunesse. Et leur collaboration m’en restitue la poésie, parfois cruelle, mais toujours porteuse de rêve et d’espoir. »

Cet extrait de la préface résume l’esprit de cette bande dessinée. Des couleurs ocre, rouge brique, orange. Des tons forts et chauds qui enveloppent et restituent l’intime. Des dessins réalistes, des mots percutants. Roméo découvre l’homme qu’était son grand-père. Il découvre l’homme, le père, le mari, l’italien, le mineur. Il découvre une vie autre que la sienne qui ne connait ni famine, ni pauvreté. Il apprend l’effort et les faits le transforment.

Cette rencontre est bouleversante, poétique, émouvante. Difficile de ne pas être touchée, comme ce jeune garçon, par l’histoire de ce vieil homme qui se confie. Parfois même, la gorge se serre. Les larmes perlent. Oui, c’est fort, intense.

On s’interroge : ne faut-il pas prendre quelques instants pour regarder nos ainés ? De leurs tristesses, leurs bougonneries, leurs absences, leurs crispations ne peut-on pas deviner une histoire. Leur époque ne les a pas épargnés – la guerre, la maladie, le déracinement, la famine, la peur… Peut-être devrions-nous écouter ces « vieux chiants », comme Roméo, comme Lucie.

Cette bande dessinée n’est pas seulement l’histoire d’Ottavio, brisé par la pauvreté, Mussolini, la guerre et les mines, c’est aussi l’histoire de toute une génération que l’on oublie. Une génération sacrifiée par la démesure de despotes, par les affrontements et la famine. C’est une génération à laquelle nous devons nos droits et nos libertés. Des « vieux chiants » qu’il faut considérer.

Une très belle lecture que je recommande vivement.

2 réflexions au sujet de « MACARONI – T. CAMPI – V. ZABUS »

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