Auteurs·Rencontres

Rencontre avec l’auteur Nicolas ROBIN

Nicolas RobinRencontre avec l’Auteur NICOLAS ROBIN

Nicolas Robin, steward dans une compagnie aérienne, est l’auteur de « Roland est mort », en mars 2016, aux éditions Anne Carrière. Un roman à la fois drôle et tendre, salué par la critique et les libraires, sur les travers de notre société et la solitude.

En avril 2017, il récidive, aux Editions Anne Carrière, avec

«Je ne sais pas dire je t’aime ».

Chronique du 11.05.2017 : https://aufildeslivresblogetchroniques.wordpress.com/2017/05/11/je-ne-sais-pas-dire-je-taime-nicolas-robin/

Je ne sais pas dire je t aime

Bonjour Nicolas,
Je vous remercie d’avoir accepté cette interview. Je suis enchantée de faire votre connaissance. 

AFDL : Qui êtes-vous Nicolas Robin ?

Nicolas : Je suis un globe-trotter depuis le passage à l’an 2000, je parcours le monde et je rencontre du monde. Mon métier de steward me permet d’observer les comportements humains, c’est la meilleure plateforme de sociologie et ça nourrit ma créativité.

Sur mon temps libre, pendant longtemps, j’ai participé à un atelier de théâtre où j’ai développé le goût de la mise en scène et de la narration. Un jour, j’ai complètement arrêté la scène et l’impro pour me mettre à écrire des histoires, et j’y ai pris un réel plaisir.

AFDL : Ecrire, qu’est-ce que cela représente ?

Nicolas : Ecrire est une oxygénation. Là où mon travail de steward est procédurier, écrire laisse place à la liberté et à la création. C’est un second souffle et j’en ai besoin. C’est un loisir à la base, comme on pratique la course à pied ou le Ju-Jitsu, moi j’écris régulièrement, parfois juste des notes, et parfois un roman entier.

Ecrire c’est un échange aussi, un témoignage de l’auteur au lecteur, on extériorise quelque chose et ensuite il y a une intention de partage. Ecrire c’est un grand moment de solitude, on n’est pas obligé de partager ce qu’on écrit, mais c’est intéressant de partir de soi pour aller vers les autres.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Nicolas : Enfant, j’adorais écrire des rédactions mais ce n’est pas pour autant que j’étais passionné de lecture. Adolescent, j’ai écrit un one-man-show, pas drôle du tout avec du recul, mais je voulais être comique sur scène. C’est à cette époque que j’ai découvert Pierre Desproges, qui a toujours été une grande inspiration. Et puis l’atelier théâtre à Paris sous la direction de Claire Loiseau a développé mon envie de raconter des histoires. C’était une révélation, écrire plutôt que jouer, opérer dans l’ombre plutôt que d’être sur scène. J’ai démarré en 2006 avec un premier roman « Bébé Requin » sorti dans une Maison d’éditions indépendante, puis « Super Tragique » en 2008. Ensuite j’ai fait une pause, j’ai écrit deux manuscrits, et je suis revenu en 2015 avec « Roland est mort »pour lequel Anne Carrière m’a téléphoné et m’a entraîné dans une belle aventure.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Nicolas : J’écris pendant mon temps libre, chez moi ou en escale. « Je ne sais pas dire je t’aime » a été élaboré à Paris, mais aussi en Italie, en Suède, en Jordanie… J’essaie de trouver au moins deux heures dans la journée, parce que j’écris à la lumière du jour, je ne suis pas un animal nocturne. Je me range à cette discipline et vous livre cette citation de Pablo Picasso : « l’inspiration existe, mais elle doit te rencontrer lorsque tu es en train de travailler ».

AFDL : Avez-vous des rituels d’écriture ?

Nicolas : Un truc de fou ! Quand je suis en manque d’inspiration, je fais semblant de fumer (alors que je ne fume pas). Je porte une cigarette imaginaire à ma bouche et je tire une bouffée. Et là, les idées fusent, comme par magie. J’ai dû être un poète fumeur dans une autre vie. C’est pour ça que je préfère écrire chez moi ou dans une chambre d’hôtel que dans un endroit public, si on me surprend en train de faire semblant de fumer, on me prendrait pour un frappadingue.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Nicolas : Les gens autour, les comportements humains. Mes romans sont des satires sociales, alors il faut apprendre à connaître les gens, bien les observer, se confronter à eux. Mon métier de steward est une mine d’or pour cet exercice. Ensuite, j’essaie de désamorcer le drame du quotidien avec humour. J’écris sur un mode fantaisiste et je ne me vois pas changer de style. J’adore cette citation de Romain Gary : « l’humour est une arme massive, une forme de révolution pacifique que l’on fait en désamorçant les réalités pénibles qui vous arrivent dessus ».

Avec « Je ne sais pas dire je t’aime », j’ai voulu construire mon roman comme « les chroniques de San Francisco » d’Armistead Maupin, où on passe d’un personnage à l’autre comme à travers une porte ouverte, les vies se croisent et se décroisent, les chapitres s’accrochent à partir d’un mot ou d’une situation, c’est plein de poésie urbaine.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Nicolas : Je travaillerai bientôt sur un prochain manuscrit, je me donne encore un peu de temps, un peu de repos. Ces trois dernières années ont été mouvementées. « Roland est mort » vient d’être publié au Livre de Poche et aura bientôt une traduction en italien, en allemand et en coréen. Je souhaite à « Je ne sais pas dire je t’aime » un aussi beau parcours.

Un projet particulier me tient à cœur, c’est de rencontrer les élèves d’un lycée professionnel en octobre, et de discuter avec eux de la lecture et de l’écriture, de leurs objectifs, de leur émancipation, pourquoi pas des voyages…

AFDL : Quels sont les livres de votre PAL ?

Nicolas : « A chacun son rêve » de Paul Ivoire, « Le roman de Tristan et Iseult », un classique que je souhaite relire, et « Villa Taylor » de Canesi et Rahmani qui transporte le lecteur à Marrakech… mais la lecture n’est-elle pas un voyage en soi ?

AFDL : Un dernier mot …

Nicolas : Merci à tous les blogueurs et les blogueuses qui présentent le roman, vous êtes des « Bernard Pivot » en puissance et le monde a besoin de vous. Merci à tous les lecteurs qui en parlent et qui me font un Feedback, qui est au sens propre du terme « un retour nourrissant ». Merci de votre soutien et de votre bienveillance. Un auteur sans un lecteur n’est rien, juste quelqu’un qui parle tout seul sur un banc, la tête dans les nuages.

      

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