Auteurs·Rencontres

Rencontre avec l’auteur Sébastien Spitzer

sebastien spitzerRencontre avec l’auteur Sébastien Spitzer

Salon « Les Livres dans la Boucle » – Besançon

16-17 septembre 2017

Sébastien Spitzer est journaliste et écrivain.

Journaliste free-lance pour TF1, M6 ou Rolling Stone, il a réalisé plusieurs enquêtes sur le Moyen-Orient, l’Afrique et les États-Unis. Il est l’auteur de « Ennemis intimes, les Bush, le Brut et Téhéran » en 2006 aux éditions Privé.

« Ces rêves qu’on piétine » (Chronique ici ) aux Éditions de l’Observatoire – Prix Stanislas du Premier Roman – est son premier roman.

AFDL : Bonjour Sébastien, je vous remercie très sincèrement d’avoir accepté de répondre à mes questions. C’est un plaisir de faire votre connaissance.Qui êtes-vous Sébastien Spitzer?

Sébastien : Je suis un primo-romancier de 47 ans.  Pas très jeune, donc, mais tout nouveau venu dans cette rentrée littéraire. Je suis aussi un marathonien contrarié par des ménisques fragiles. Journaliste par curiosité. Papa poule. Lecteur sans boussole ni a priori. Parisien depuis quatre générations.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Sébastien : Un plaisir contraignant. Une pulsion esthétique, par amour des histoires étonnantes, des personnages hors du commun, mais aussi des scansions, des phrases bien tournées, des mélodies sonores. Écrire est un réveil intime, un moment attendu dès l’aube avant que la maison s’éveille. Le reste de la journée, quand je repense à ce que je viens d’écrire, cela peut tourner à la torture parfois, comme un rappel à l’ordre qui me serine -ou me sirène- que rien n’est fait, rien n’est acquis, à refaire, à reprendre si je veux qu’on me lise, un mot pour un autre, un paragraphe de trop, le détail de tel ou tel personnage qui change toute l’image qu’on se fait de lui. Et quand le soir est venu, la hâte d’y retourner, de retrouver le lendemain le fil d’une histoire entamée, une description inachevée, comme une esquisse.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Sébastien : Vingt ans et des poussières. Dans mon salon, j’ai disposé une grosse malle en fer pleine de vieux manuscrits. Une bonne douzaine. Beaucoup de débuts. Des abandons. Des regrets. Un roman refusé. Des ébauches à reprendre. J’écris depuis plus de vingt ans. Mais pour « ces rêves qu’on piétine »,je suis allé au bout, je sentais que c’était le bon, enfin, le bon rythme, la bonne histoire. Travaillé.

 AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Sébastien : Le matin, tôt. Et en douce, la journée, mais faut pas le dire à mon employeur… Je corrige tel ou tel passage entre deux reportages, en salle de montage ou dans l’avion.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Sébastien : J’ai des rituels de lecture, toujours un crayon en main. Je chasse les fulgurances. Les flèches. Les traits de génie. J’ai des rituels pour les dîners de famille, toujours à la bougie. La pénombre est apaisante. Elle permet l’échange sans l’invective. Elle rend plus belles encore les femmes. Elle fait passer des plats ratés pour des mets comestibles. Mais pour écrire, je me sens libre, j’improvise. Avec ou sans musique. Sur mon ordinateur ou une feuille de papier. J’ai un carnet pour y jeter des notes et mon smartphone avec dictaphone intégré, 32 giga-octets de disque. Non. Je n’ai pas de rituels d’écriture. Pas encore. Mais peut-être qu’avec le temps, si je publie d’autres romans, il y en aura. Qui sait ? Je ne suis pas à l’abri de petits grigris porte-bonheur…

AFDL : « Ces rêves qu’on piétine » est votre premier roman, comment est-il né ?

Sébastien : Il est né d’une question. Comment une femme, Magda Goebbels, épouse modèle du ministre nazi de la propagande, présentée comme la mère idéale, l’image parfaite de la parfaite famille aryenne, comment cette femme a-t-elle pu tuer ses enfants ?

AFDL : Pourquoi ce sujet ?

Sébastien : Je ne suis pas fasciné par le nazisme. Je n’ai aucune admiration morbide pour ces psychopathes en uniforme. D’ailleurs, j’ai bien failli abandonner. Mais quand j’ai découvert que la fameuse Magda Goebbels, avait été élevée par un commerçant, berlinois, juif, mort en camp dès 1939, parmi les toutes premières victimes de la folie nazie, j’ai su que je tenais une histoire, un roman. Celle d’un homme effacé par l’ambition d’une femme. D’une fille contre son père. Prête à tout.

AFDL : Quel effet cela fait-il de voir son roman publié puis d’obtenir un prix ?

Sébastien : Publié ? Je le sentais ? Je le savais d’instinct. L’histoire était si forte… Mais le prix Stanislas ! Remis par Daniel Picouly ! Sur le premier salon de ma première rentrée littéraire ! J’ai vécu cette remise de prix comme une accolade, une tendresse complice et la confirmation que ce livre valait le coup, la peine, trois ans de ma vie, des finances dans le rouge vif, des proches qui me prenaient pour un fou, pour un père irresponsable, obstiné à produire un manuscrit parmi tant d’autres, des milliers d’autres, envoyés par la poste, comme tant d’autres, des dizaines de milliers d’autres.

AFDL : Comment vivez-vous les impératifs de la promotion de votre roman ? Les salons, les rencontres ?

Sébastien :  Cette promotion est un curieux voyage au cœur des livres et de ceux qui les font. Une plongée dans la caravane du tour de France livresque, avec ses étapes, ses relais, ses échappées de « goncourables », son peloton, les équipes des grandes maisons, ceux de la blanche pour Gallimard, ceux de la bleue pour Stock. Je vis ça les yeux grands ouverts. J’observe. Je m’étonne. Je partage. Je m’amuse. Et puis, c’est délicieux de voyager pour défendre un roman, non ?

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Sébastien : Oui. Sur l’argent. Pas une histoire de trader ou de loup de Wall Street. Sur l’argent… Vous verrez bien, du moins je l’espère…

AFDL : Quels sont les livres de votre PAL ?

Sébastien : « Oliver Twist » de Dickens,  « L’art de perdre » d’Alice Zeniter.

AFDL : Quels sont les trois derniers livres qui vous ont particulièrement plu ?

Sébastien : Looping, d’Alexia Stressi, Profession du père de Sorj Chalandon et Jonathan Weakshield, d’Antoine Sénanque.

AFDL : Un dernier mot ?

Sébastien : Des baisers.

 AFDL : MERCIIIIII  🙂 🙂 

3 réflexions au sujet de « Rencontre avec l’auteur Sébastien Spitzer »

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