Roman Contemporain

La Brume en Août – Robert Domes

La brume en AoutLa Brume en Août – Robert Domes

L’histoire Vraie d’Ernst Lossa

Editions La belle Colère – 12 Octobre 2017

coeur 4

 

 

 

Je remercie les Editions La Belle Colère – Anne Carrière pour cette lecture

4ème de Couverture

La Brume en août est un roman allemand inspiré d’une histoire vraie. Celle d’Ernst Lossa, assassiné à l’âge de 14 ans dans un hôpital psychiatrique par les nazis parce qu’il était tzigane.

Allemagne, 1933. Ernst Lossa vient d’une famille de Tziganes. Les services sociaux l’arrachent à sa famille et le placent dans un orphelinat. Là, le jeune enfant se débat entre les promesses de revoir ses parents et la difficile adaptation à son nouvel environnement. Quoi qu’il fasse, il est jugé comme un enfant à problèmes car ce qui plane sur lui, c’est le regard des adultes qui le jugent « issu d’une race inférieure ». Il sera transféré plusieurs fois d’institution en institution, jusqu’à être interné dans un hôpital psychiatrique. Commence alors son court voyage vers la mort. Cet enfant, parfaitement sain de corps et d’esprit, gentil, résilient, ne pourra jamais comprendre cette grande faute qu’on lui reproche. Après des années de recherches, Robert Domes tisse sur son destin et en son hommage un récit aussi beau que poignant, qui illustre parfaitement une face peu connue de la nazification des esprits dans l’Allemagne des années 1930. Un scandale historique qui aura été largement ignoré à Nuremberg, comme un dossier perdu dans les ténèbres de la Seconde Guerre mondiale.

Mon Avis

Le style et l’écriture s’apparentent à un roman jeunesse – qui n’en est pas un ; l’auteur explique d’ailleurs que le choix de ce style est délibéré puisque les mots sont ceux de son personnage. Des phrases courtes et simples qui collent à la narration du jeune Ernst que l’on rencontre à l’âge de quatre ans, entouré de ses sœurs, son père et sa mère enceinte de son petit frère. Les temps sont difficiles pour ces marchands ambulants qui vivent dans une roulotte et peinent à se nourrir, fréquemment rejetés par les villageois qu’ils inquiètent et épiés par le régime. Tout bascule lorsque les enfants sont arrachés au foyer, séparés et placés dans des centres d’accueil. Commence alors pour Ernst, enfant sensible et insoumis, une terrible descente aux enfers dont il ne rechapera pas.

Ce roman relate un pan de l’histoire allemande tragique et glaçante au cours de laquelle le régime nazi a multiplié les pratiques abusives et inhumaines. A travers les yeux de Ernst, on découvre les orphelinats, les centres de redressement et les hôpitaux psychiatriques où les infirmiers et les médecins maltraitaient et assassinaient, sans vergogne, au nom d’une politique épurative légale.

Ce texte est très dur car on le sait très documenté et réel. Ernst a vécu le calvaire dans ces centres, refusant de se laisser broyer par un système qu’il trouvait injuste. Arrivé petit, il a du lutter contre les abus des autres pensionnaires et les mauvais traitements des adultes. Jugé asocial, de part ses origines que l’on croyait tziganes et son comportement rétif, il a rapidement été transféré dans des foyers toujours plus stricts et éprouvants, pour finalement finir, sans argument valable, dans un hôpital psychiatrique où il a lâchement été assassiné à 14 ans (comme de nombreux autres patients).

« Pendant la récréation, Ernst se tient à l’écart des autres. Il se faufile dans la classe, s’assied près du merle qui piaille avec mélancolie. Il lui murmure de faire comme lui, de fermer les yeux, car alors les barreaux disparaissent, on voit dehors, comme s’il n’y avait plus de cage. »

Un livre qui chamboule et prend aux tripes. Un très bel hommage à ces enfants, ces gens pas ordinaires, ces âmes fragiles qui ont souffert de leurs différences, dans un monde cruel et déshumanisé. Une réalité qui fait froid dans le dos et rappelle ce dont l’homme peut se rendre coupable. A lire.

 

5 réflexions au sujet de « La Brume en Août – Robert Domes »

  1. Un récit magnifique, qui fait froid dans le dos, comme la plupart des histoires vraies de la Seconde Guerre Mondiale. Je ne connais pas d’autre récit de la vie dans ces « hôpitaux » psychiatriques… J’ai en revanche été très marquée par « Je me suis évadé d’Auschwitz » de Rudy Vrba.

    Aimé par 1 personne

  2. Un récit magnifique, qui fait froid dans le dos, comme la plupart des histoires vraies de la Seconde Guerre Mondiale. Je ne connais pas d’autre récit de la vie dans ces « hôpitaux » psychiatriques…
    La plupart de ces récits relatent la vie des camps. Personnellement, j’ai été très marquée par « Je me suis évadé d’Auschwitz » de Rudy Vrba.

    Aimé par 1 personne

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