Essais littéraires

King Kong Théorie – Virginie Despentes

King kong theorieKing Kong Théorie – Virginie Despentes

Editions Grasset – Octobre 2006
Editions Le livre de Poche – Septembre 2007

coeur 3

 

4ème de Couverture

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre une autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire. »

Mon Avis

Sans réserve, Virginie Despentes livre un essai intime et virulent sur le féminisme. A travers son expérience dramatique du viol lorsqu’elle avait 17 ans, de ses années de prostitution, de ses errances professionnelles ou de son appartenance au mouvement punk-rock, elle élabore un discours argumenté (qu’elle étaye de ses lectures) éreintant les théories bien-pensantes sur le viol, la prostitution et la pornographie.

De ses mots crus et francs, elle aborde également les relations homme-femme, insistant sur l’infantilisation des femmes dont on entrave le libre-arbitre, la pression subie par les hommes, les supervisions abusives de l’Etat dans les choix que l’on est apte à faire. Elle écrit ce qui se tait, ce qui se cache, ce qui se juge. Elle ose raconter les stéréotypes, les convictions de masse suscitées par les médias (par exemple, le reportage sur la prostitution dont elle critique le manque d’objectivité), l’accueil de ses écrits dans la presse… Elle décortique les idées reçues qui conditionnent le regard de chacun sur le sexe, le couple, la liberté, l’indépendance, la violence, les pulsions. Elle interpelle.

Le discours de V. Despente, pertinent et articulé autour de son vécu – se taire, minimiser le viol dont on tait le mot, culpabiliser mais vivre, se relever – interroge sur les perceptions de chacun et sur les cheminements sociaux et éducatifs qui ont induit ces perceptions, cautionnant les violences faites aux femmes. L’ensemble est complexe. Néanmoins, ce discours peut parfois heurter par son extrême – ou par l’idée d’une pensée juste et unique- lorque V. Despentes aborde la prostitution dont la liberté de jouissance maitrisée et tarifée s’oppose à celle emprisonnée et gratuite au sein du couple. C’est un peu comme affirmer que l’une est libre, l’autre non, sans envisager que tout n’est ni noir, ni blanc, mais qu’une multitude de nuances s’appliquent à chacun de nos choix.

Il est difficile en quelques mots d’écrire ce que cet essai évoque. Je pense qu’il est important de le lire et de s’en faire une opinion propre en fonction de son vécu, de ses choix, de ses expériences, et de réfléchir sur les nombreux sujets d’actualités que les médias révèlent. Je m’interroge surtout sur le fait que cet écrit a été édité en 2006 et que, 10 ans plus tard, la situation des femmes demeure rigoureusement semblable…

10 réflexions au sujet de « King Kong Théorie – Virginie Despentes »

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