Auteurs·Rencontres

Rencontre avec l’auteur Lisa Balavoine

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Rencontre avec l’auteur Lisa Balavoine

Lisa Balavoine vit et travaille à Amiens comme professeur-documentaliste.
Eparse publié aux Editions JC Lattès – 2017 (chronique ICI) , est son premier roman, dont des extraits ont été publiés dans la revue Décapage.

 

 

AFDL : Bonjour Lisa, je vous remercie d’avoir accepté de répondre aux questions du blog Au Fil des Livres. Qui êtes-vous Lisa Balavoine ?

Lisa : Je suis une fille de 43 ans qui a un peu de mal à se faire au temps qui passe. Je suis mère de trois enfants avec qui je vis une semaine sur deux. J’aime aller à des concerts, écouter la radio, acheter des fringues, boire des verres en terrasse. J’aime être amoureuse quitte à me faire mal parfois. J’aime regarder les choses auxquelles on s’intéresse peu, m’arrêter sur la couleur des briques d’un mur ou le reflet du soleil dans les cheveux de quelqu’un. J’aime l’ordinaire, la banalité, la vie de tous les jours, c’est toujours là que me surprend le plus l’existence.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Lisa : La sensation d’être vivante, de m’inscrire dans une temporalité différente de la course incessante du quotidien. C’est le moment où je me retrouve, où je me découvre aussi. C’est assez égoïste comme sensation. Etre lue, c’est très différent, mais écrire c’est un face-à-face avec moi-même.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Lisa : Comme beaucoup de monde je crois, j’ai beaucoup écrit à l’adolescence : des poèmes, des chansons. Je me suis remise à écrire vers la trentaine. J’avais trois enfants et j’avais besoin de créer autre chose, autrement. J’ai longtemps tenu un blog. J’avais besoin d’un espace qui soit mien, une « chambre à moi », où je ne sois pas qu’une mère. L’écriture a été cette chambre.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Lisa : J’écris de façon irrégulière. J’écris souvent le soir, en deuxième partie de soirée et début de nuit. Il m’arrive néanmoins d’écrire dans la journée. J’écris souvent deux à trois heures d’affilée. Mais il me semble que j’ai écrit les textes qui me satisfaisaient le plus lors de vacances, loin de chez moi, dans un cadre inconnu, et seule. J’ai besoin de silence, je n’écoute pas de musique lorsque j’écris par exemple. Et il est indispensable que je me coupe des réseaux sociaux et d’internet.

AFDL : Comment est né « Eparse » ?

Lisa : Eparse est né du désir de faire une pause. Ma vie personnelle était sens dessus dessous. J’ai eu besoin de rassembler mes morceaux, de reconstituer mon puzzle à un moment compliqué de ma vie où je ne savais pas quel chemin prendre. Eparse a été mon phare, l’écrire a donné du sens à ma vie alors que je n’y voyais plus très clair.

AFDL : Est-ce un manuscrit envoyé par la poste ?

Lisa : Au départ oui, ce manuscrit a été envoyé par la poste. Je l’ai envoyé à 8 maisons que j’aimais et dont je me sentais proche. J’ai reçu des lettres de refus mais aussi quelques retours positifs, cependant on me demandait de faire évoluer mon texte dans une direction qui ne m’intéressait pas. Je me suis dit que j’allais laisser reposer tout cela quelques temps et puis cela a un coût non négligeable, les envois par la poste, il fallait que j’attende un peu … Quelques mois plus tard, par hasard, j’ai fait la rencontre d’un agent qui a aimé mon texte et a eu envie de m’apporter son aide. C’est grâce à lui que j’ai signé mon contrat. Je lui dois beaucoup.

AFDL : Que représente cet écrit ? Une thérapie ?

Lisa : Non, pour la thérapie, je fais confiance à un professionnel 😉 Ce texte représente un besoin pour moi, celui de me confronter au regard d’un éditeur, de savoir ce que « valait » ce que j’écrivais. Si aucun éditeur ne m’avait accordé de légitimité, je n’aurais jamais publié Éparse. Cette reconnaissance était primordiale pour moi.

AFDL : Partager cet intime, est-ce difficile ?

Lisa : Je ne me pose pas la question de cette façon. Étrangement, je n’ai pas l’impression de partager l’intime. Je suis quelqu’un de très pudique dans la vie, mais lorsque j’écris je n’ai pas ces carcans qui m’enserrent au quotidien. En tant que lectrice, je suis sensible à des écritures qui sont tournées vers l’intériorité. J’ai été très marquée dans ma vie de jeune femme par les lectures de Virginia Woolf, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, puis par Annie Ernaux, Hervé Guibert ou Edouard Levé. En tant que lectrice, je ne me suis jamais sentie voyeuse, mais j’ai eu l’impression de partager une expérience, comme une forme de transfert. Il me semble que nos intimités ont à voir les unes avec les autres, que les expériences que nous traversons peuvent être partagées à l’identique par d’autres. J’aime avoir l’impression qu’un auteur ressent la même chose que moi. J’aimerais bien que certaines personnes qui liront Eparse se disent « cela, je l’ai ressenti aussi ».

AFDL : En redoutez-vous les conséquences, l’impact ?

Lisa : Non, je crois que ce que l’on redoute le plus quand un livre est publié, c’est l’indifférence. Qu’on le critique ou qu’il déplaise, c’est le jeu et il faut l’accepter.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Lisa : Oui, je travaille sur un autre roman, plus fictionnel, mais je n’en suis encore qu’aux prémices. J’ai également écrit une nouvelle qu’on m’a commandée pour un recueil.

AFDL : Quels sont les livres de votre PAL ?

Lisa : Il y en a une bonne centaine posés en piles dans ma chambre, c’est terrible car je n’en viens jamais à bout. Actuellement, je suis dans le tome 1 du Dossier M de Grégoire Bouillier, puis je pense lire Les garçons de l’été de Rebecca Lighieriet, Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese. Mais la rentrée de janvier arrive et j’ai repéré une bonne dizaine de titres que j’ai envie de lire de toute urgence !

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres « Coup de Cœur »?

Lisa : Je dirais Mistral perdu ou les événements de Isabelle Monnin, pour les souvenirs et les émotions fortes que ce récit convoque. Une fille dans la jungle de Delphine Coulin, un texte bouleversant sur les enfants migrants de Calais. Et Les amours suspendues, un roman graphique de Marion Fayolle, sublime déambulation poétique dans les méandres du désir amoureux.

AFDL : Un dernier mot ?

Lisa : Prenez le temps de penser à vous, de vous accompagner, de vous suivre du regard, avec bienveillance. C’est important de s’accorder du temps pour s’accorder avec soi-même.

Et merci de cette jolie « chambre » que vous m’avez offerte ici, c’était un agréable moment.

 

 

 

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