Auteurs·Rencontres

Rencontre avec l’Auteure Laurence Couquiaud

Rencontre avec l’Auteure Laurence Couquiaud

Laurence Couquiaud

Laurence Couquiaud est l’auteure de « La Mémoire sous les Vagues » paru aux Editions Les nouveaux Auteurs, en Mai 2016 – Prix Femme Actuelle 2016, Prix du roman Crédit Agricole Cosne-sur-Loire 2017

Laurence a accepté de répondre aux questions d’Au Fil des Livres.

AFDL : Bonjour Laurence, je vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions. Qui êtes- vous Laurence Couquiaud ?

Laurence : Je me définirais par une insatiable curiosité, un goût très prononcé pour le voyage, la découverte des peuples et des lieux, une forte attirance pour la nature, la mer et les animaux marins en particulier. Je me sens bipolaire au sens où j’ai toujours été tiraillée de l’intérieur entre sciences et art, je ne peux vivre sans me nourrir des deux. Dans Art, je pense autant à la céramique dont j’ai fait mon second métier, que musique, peinture, et bien sûr littérature. J’ai eu la chance de naître dans une famille de grands lecteurs, avec un Papa qui évoluait dans le monde de la poésie, et les livres ont toujours représenté pour moi une source d’évasion, de découverte, d’imagination et de réflexion. Il est important de m’engager à fond dans des causes qui font bouger les consciences et révèlent l’empathie.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Laurence : Rien de moins aujourd’hui qu’un besoin vital. Ecrire n’est pas que se faire plaisir, ou déverser. C’est communiquer à travers ses pages avec un lecteur, le plus souvent une lectrice, partager ses centaines d’heures de recherches, de cogitations, de réflexions, livrer ses personnages et leur vie, transmettre un message parfois, le plus subtilement tressé au fil de la narration. Chacun va s’approprier le texte à sa façon, bâtir ses propres images, son ressenti, et le livre va vivre à chaque fois une nouvelle histoire, bien plus riche en cela qu’un film. C’est une sensation envoûtante, je trouve, d’imaginer ces milles vies. Comme un petit caillou qu’on lance à la surface d’une eau calme et qui va créer des ondes concentriques, entrer en résonance, s’éloigner au-delà du regard.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Laurence : Depuis mon séjour au Japon au début des années 90, j’écris par période des bouts d’histoires dans des carnets. Parfois j’enregistre des pensées sur mon téléphone. J’avais commencé à écrire un roman lorsque mon dernier fils est né, que je n’ai pas eu le temps de poursuivre. Les années sont passées. Et puis est survenu le 11 mars 2011… le véritable commencement.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Laurence : J’ai écrit « La mémoire sous les vagues » la nuit, après la céramique, les enfants, la vie de famille. Je suis du soir, concentrée dans le silence et le calme des autres qui se reposent, comme dans une deuxième vie en parenthèse. Lorsque je suis en « phase d’écriture », je construis des dialogues dans ma tête dès que j’effectue des taches répétitives. Dans ces moments, en voiture je me trompe de chemin, perdue que je suis dans mes pensées, ou je reste devant la poêle, cuillère levée, à attendre que l’odeur de brûlé me fasse sortir de ma rêverie ! Aujourd’hui, j’ai mis la céramique en pause pour me consacrer à l’écriture.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Laurence : Elles sont multiples et variées, elles émergent du quotidien, de l’actualité, de gens rencontrés, qui vont nourrir des caractères de personnages. Le sujet du roman que j’écris en ce moment provient d’une « rencontre » avec un personnage croisé sur le web, extraordinaire source de documentation, au cours de mes recherches pour « La mémoire sous les vagues ». J’ai su au moment où j’ai découvert son incroyable destin que ce serait le sujet d’un de mes romans !

AFDL : Comment est né « La Mémoire sous les Vagues » ?

Laurence : La trame de la partie historique est née lorsque je vivais au Japon. J’étais fascinée par les photographies de Felice Beatodatant de l’ouverture du pays à l’Occident dans les années 1860. Il a immortalisé une société et des paysages en pleine mutation, en train de disparaître. Je me suis inspirée de sa vie et de celle de son associé Charles Wirgman, qui caricaturait dans le premier journal satirique la petite communauté de Yokohama. Et puis le 11 mars 2011 est survenu. J’ai assisté impuissante à une catastrophe multiple, naturelle et humaine, qui a déchiré mon pays de cœur. J’ai de nombreux amis et de la famille là-bas qui l’ont subi de plein fouet. Ecrire sur cet évènement a été pour moi une évidence autant qu’une urgence, pour témoigner, transmettre et surtout, ne pas oublier. J’ai donc noué les deux histoires ensemble comme un fil tressé entre passé nostalgique et présent douloureux.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Laurence : Ce n’est pas vraiment un rituel, mais j’aime deux choses ; un très bon thé ou une tisane parfumée, et contempler une belle nature depuis ma fenêtre.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Laurence : J’ai terminé le manuscrit d’un deuxième roman complètement différent du premier. Contemporain, autour de la grande et de la petite histoire de Paris, qui interroge la fidélité du couple et la force de l’engagement…

Pour mon troisième roman, je suis plongée dans la Shoah, et le Japon de nouveau, celui de la seconde guerre mondiale, autour de l’incroyable épopée de fugitifs juifs depuis la Pologne jusqu’en Chine.

Au printemps vont être publiés deux ouvrages. Un éloge géographique des Calanques, mêlant anecdotes historiques, géologie, personnages célèbres et souvenirs d’enfance, chez Magellan & Cie, dans la collection « Pour l’amour de… ». Et chez Actes Sud un récit écrit à quatre mains de l’incroyable aventure médicale du Dr Cornet-Vernet, qui développe et promeut l’étude, la culture et l’utilisation thérapeutique de l’Artemisia annua, une plante originaire de Chine qui guérit le paludisme, et bien d’autres redoutables maladies.

AFDL : Quels sont les livres de votre PAL ?

Laurence : J’ai deux PAL, l’une pour mes recherches, l’autre pour le plaisir ! Dans celle-ci se trouve « Les loyautés » de Delphine de Vigan, que je viens de commencer, les deux derniers tomes de la saga d’Elena Ferrante, « The atonement » de Ian Mc Ewan, dont j’avais adoré l’adaptation cinématographique, « The Glass palace » d’Amitav »Ghosh. J’aime lire en anglais parce que la langue m’est chère et je dois l’entretenir. Il y a aussi plusieurs romans et récits d’auteurs rencontrés récemment en dédicace ou lors de salons, F-H Désérable, N. d’Estienne d’Orves, W. Navarrete, S. Allix. Un essai sur le goût des pesticides dans le vin, du Pr Seralini et du chef Jérôme Douzelet, parce que je suis de près l’actualité écologique. Et puis j’ai toujours sur ma table de chevet un livre d’aphorismes de Sylvain Tesson, poétiques, souvent drôles, parfois décalés, un album de photo des lieux cachés de la capitale, un manga sur Fukushima, une BD de Guy Delisle, un album Star Wars, quelques carnets à l’aquarelle qui me font voyager par la pensée. Ceux là je les effeuille lentement, au gré des humeurs et des jours. Très éclectique donc !

[ Chronique de « Les Loyautés » de D. de Vigan →  ICI ]

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres « Coup de Cœur » ?

Laurence : « Bakhita » de Véronique Olmi, que j’ai eu le plaisir de voir récompensée par le Grand Prix des Blogueurs. J’ai rarement lu un livre aussi bouleversant et à l’écriture aussi belle dans l’expression de la rédemption autant que de l’horreur.

« Ces rêves qu’on piétine » de Sébastien Spitzer. Il a magnifiquement campé le personnage de Magda Goebbels, son lien avec son passé juif, les derniers temps du bunker d’Hitler, tout en nous faisant suivre la survie d’une petite fille juive fugitive et sa rencontre avec une photographe de guerre américaine. Très beau premier roman.

Enfin  « Mistral Perdu ou les Evènements » d’Isabelle Monnin. J’ai découvert cette auteure avec Les gens dans l’enveloppe, dont j’avais adoré l’exercice de style et la plume poétique. Ici, sa déclaration d’amour à sa sœur morte est un hymne magnifique et poignant à la sororité. Elle est de ma génération et je me suis reconnue dans cette enfance de petits bonheurs et de grands malheurs.

[ Chronique de « Bakhita » de V.Olmi →  ICI ]

[ Chronique de « Ces Rêves qu’on piétine » de S.Spitzer →  ICI ]

[ Chronique de « Mitral Perdu ou les Evènements » de I.Monnin  →  ICI ]

AFDL : Un dernier mot ?

Laurence : L’annonce du Prix Femme Actuelle, la publication de La mémoire sous les Vagues et les rencontres qui s’en sont suivies, ont été pour moi une bouée de sauvetage dans un moment de vie très difficile, où j’étais à la croisée des chemins professionnels. Cette petite reconnaissance a été une balise lumineuse, un encouragement à poursuivre l’aventure des mots. Mon roman va vivre en plus une deuxième vie avec la sortie prochaine en format poche. Les livres ont ce pouvoir. Parfois ils sauvent ceux qui les lisent, infléchissent leur chemin. Parfois aussi ceux qui les écrivent…

AFDL : Merci Laurence. Vous pouvez suivre Laurence sur les réseaux sociaux :

https://www.facebook.com/L.Couquiaud/
https://laurencecouquiaud.com/

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « Rencontre avec l’Auteure Laurence Couquiaud »

  1. Il me semble que je parlerais d’un journal « satirique » ( genre le Canard enchaîné) et non « satyrique » à moins que le journal ne nous révèle la vie cachée des satyres de l’antiquité….

    Aimé par 1 personne

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