Roman Contemporain

La Petite Fille sur la Banquise – Adélaïde Bon

La petite filleLa Petite Fille sur la Banquise – Adélaïde Bon

Editions Grasset – 14 Mars 2018

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Je remercie les Editions Grasset pour cette lecture.

Résumé

Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.

Mon Avis

Adélaïde Bon raconte Elle.

Elle, cette enfant de 9 ans brisée un beau jour de mai. Cette enfant qui remplit sa détresse de nourriture et de joies illusoires, de sensibleries. Elle dénote dans sa famille bourgeoise où les corps se cachent et tout se modère. Elle, elle explose, rit, pleure, se fait remarquer. Elle ne comprend pas. Elle se fait mal, se frappe, se blesse, envahie de méduses, à l’intérieur, c’est douloureux. Elle se tait. Elle n’est pas normale, elle est vilaine.

Elle grandit. L’alcool, la drogue, les hommes, le sexe, elle essaie. C’est dégoûtant, sombre, écœurant. Elle ne comprend pas. Elle multiplie les thérapies, elle s’accroche à tout, se raccroche, rien n’y fait, elle reste vilaine, étourdie de violence. Ce corps, elle le rejette, elle le déteste, elle lui fait mal. Peut-être parviendra-t-elle à en extraire les méduses.

Les mots sont violents, crus, percutants. Ils sont ceux de la vérité et du vécu. Ils heurtent et bouleversent. Le viol a détruit l’enfant, l’adolescente, la femme, la jeune mère. Il a bousillé l’amoureuse.  Il a entortillé l’esprit, l’a détourné, contourné, empli de hargne et de douleur. Il a tissé sa toile nauséabonde, vicieux, insidieux, ses méduses aux filaments infinis qui pénètrent et enserrent.

Adélaïde Bon raconte Elle.

Son combat, sa lutte dans le brouillard, seule. Ces yeux, ce visage qui la hantent, ces doigts qu’elle sent encore. Elle minimise. C’est elle qui n’est pas normale, pas les faits. Il faut le lui dire que ce n’est pas elle ! Non, le monstre c’est lui. Lui qui l’a violée. Syndrome post-traumatique. Elle l’entend. Elle a un mot, on le lui donne, elle le reçoit : VIOL.

Adélaïde raconte Elle qui devient Je. Elle témoignera au procès, c’est terrible, dur, mais libérateur. Elle va pouvoir guérir et redevenir Adélaïde, la femme qu’elle aurait dû être, cette petite fille de 9 ans aux taches de rousseur et au sourire franc, insouciante et heureuse. Avant.

Merci Adélaïde pour ce précieux témoignage. Merci pour vos mots posés sur un mal.

A Juliette.

Je vous propose de retrouver l’interview d’Adélaïde BON lors du festival du livre dans la Boucle de Besançon le 16 septembre 2018 ⇒ ICI 

8 réflexions au sujet de « La Petite Fille sur la Banquise – Adélaïde Bon »

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