Roman Contemporain

Douce – Sylvia Rozelier

douceDouce – Sylvia Rozelier

Editions Le Passage – 30 Août 2018

Rentrée Littéraire 2018

Coup de coeur

 

 

Je remercie Sylvia Rozelier et les Editions Le Passage pour cette lecture

Résumé

Un homme, une femme. Tout les sépare. Les années, la distance géographique, un certain regard sur le monde. Et pourtant, ils s’aimeront d’un amour fou. Est-ce la part d’impossible attaché à cette relation qui en fait tout l’attrait, l’irrésistible puissance ?

Dès l’origine, Douce en pressent les dangers, comme on aurait l’intuition d’un désastre sans pouvoir l’empêcher. C’est quelque chose de plus fort qu’elle, de plus grand qu’eux. Aucune volonté, aucun avertissement, aucun garde-fou n’y peut rien changer.

Elle se soumettra à la souveraineté de cette attraction au risque de s’y brûler les ailes. Car toujours on se brûle à cette flamme. Pour peu, on ne serait pas loin de s’y cramer la cervelle. L’amour fou est une association de malfaiteurs dont on ne sait, de l’amour ou de la folie, qui l’emportera.

Mon Avis

Douce devine. S’inquiète.

« Quelque chose était en train d’advenir, une réalité parallèle qui couvait depuis quelques semaines et dont je m’étais employée à ne pas considérer l’importance. Je la redoutais à présent. »

Une rencontre fortuite, presque improbable. L’homme est plus âgé – vingt de plus -, ni beau, ni laid, arrogant, jaloux, égoïste, possessif, manipulateur et marié. Elle est jeune, belle, intelligente.

L’amour la submerge, la retourne, la ravage. Elle connait les défauts de cet homme, les regarde et les oublie. La passion efface, le transforme, lui qui promet et qui ment. Elle abandonne, s’abandonne, ne vit que pour lui, leurs rencontres, rendez-vous, bribes d’amour et de sexe. Elle accepte, courbe l’échine, encaisse, compose. Elle l’aime en en perdre la raison – le raisonnable, parce que plus rien ne l’est, raisonnable. Elle est irraisonnable ;  elle entend, comprend, mais elle ne peut rien, elle souffre d’un amour inguérissable dont les racines puisent dans ses failles.

« La passion, une drogue plus forte que les déceptions, les rêves, les promesses, l’orgueil et les blessures. Addiction rapide. Cures de désintoxication inutiles. Rechutes à répétition. Avec toi, l’amour c’était comme le loto, je n’avais pas la combinaison gagnante, mais je m’évertuais à rejouer. »

De sa plume captivante, Sylvia Rozelier nous offre l’itinéraire d’une passion, un mal irrépressible qui la ronge à n’en devenir qu’une ombre. Elle nous livre tous ces détails qui enferrent et laminent. Une déraison, une folie. Pas de chichi. L’écrit est sobre, le récit brut, sans fioriture, franc. Douce dévoile ses fêlures et son mal. Ces blessures que l’on traîne, aubaines du pervers narcissique, touchées de bons mots, au bon instant.

« Tes mots d’amour, je les buvais, je leur attribuais le statut de vérité. Le soin de me racheter, pas moins ; de combler la carence narcissique, la blessure d’enfance. Les mots ont un pouvoir, je leur accordais trop d’importance. »

D’une grande sensibilité, cet écrit se déguste et s’apprécie. Une grande émotion. Un coup de cœur.

Je vous invite à découvrir Sylvia Rozelier dans l’interview qu’elle m’a accordée  ICI

 

 

7 réflexions au sujet de « Douce – Sylvia Rozelier »

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