Auteurs·Rencontres

Rencontre – Fanny Chesnel

Rencontre Fanny Chesnel

Fanny 2

Fanny Chesnel est scénariste et romancière. Son premier roman – Une jeune fille aux cheveux blancs (Ed.Albin Michel, 2011) – a été porté à l’écran par Marion Vernoux avec Fanny Ardant sous le titre Les beaux jours.

Le Berceau est son second roman.

Fanny Chesnel a accepté de répondre à mes questions.

♦♦♦

AFDL : Bonjour Fanny ! Je vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions. Qui êtes- vous Fanny Chesnel ?

Fanny : L’autoportrait est un drôle d’exercice… J’ai 38 ans, j’ai passé plus de la moitié de ma vie à Paris, mais je reste très attachée à ma région d’origine, la Normandie, où vit l’essentiel de ma famille. Je n’étais pas du tout heureuse à 20 ans et je me sens tellement plus épanouie et en accord avec mes choix aujourd’hui. J’ai besoin d’avoir beaucoup de projets. L’écriture occupe une grande place dans ma vie, mais je peux facilement m’embarquer dans d’autres aventures, comme par exemple l’école Montessori que j’ai contribué à créer l’année dernière avec ma sœur et une amie. Je n’aime pas les cases, les étiquettes, les uniformes, l’académisme, tout ce qui ferme, entrave, condamne a priori. Difficile de ne pas égrainer des banalités dans la liste des choses que je déteste, disons en gros que, comme beaucoup, j’abhorre l’hypocrisie de notre époque, le cynisme de la mondialisation, me sentir du bon côté de la barrière et étouffer, bon gré mal gré, la culpabilité que ce confort génère. Et j’aime, malgré tout, les gouttes d’eau dans l’océan, ceux qui osent l’optimisme, avec tout le courage que cela suppose, les conspirateurs positifs, les humoristes, les infatigables humanistes, et l’incroyable espoir que me donnent mes enfants.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Fanny : Écrire est une manière de se tenir à la lisière des mondes, de franchir les frontières, de fondre la réalité dans la fiction, de s’autoriser une lecture émotionnelle des choses, de traverser plusieurs vies.  

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Fanny : Depuis que je sais tenir un stylo et depuis que j’observe les autres, en m’inventant des histoires. J’ai toujours aimé écrire. Un premier conte en CP, puis des journaux intimes et beaucoup de lettres… L’idée d’être lue, d’essayer d’être éditée, est venue progressivement, sans prise de décision ni révélation brutale. C’est une série d’autorisations que l’on se donne, une succession de hasards qui n’en sont pas vraiment. À vingt ans, j’ai envoyé un tout premier texte au concours de la nouvelle universitaire de France. Je l’ai gagné. J’ai mesuré alors l’importance que l’écriture avait pour moi.

Un peu avant mes trente ans, en apprenant la publication de mon premier roman, j’ai compris qu’écrire était devenu un geste vital et que je ne voulais exercer aucun autre métier.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Fanny : Quand mes enfants sont à l’école ! De 8h45 à 18h, parfois le soir quand j’y arrive, rarement le mercredi, samedi et dimanche.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Fanny : Les gens. Tout ce que je capte d’ambivalence, de contradictions, d’élans, de renoncements, de tendresse et de profondeur chez les autres. Je ne croise que des personnages, glane, écoute, me passionne pour leurs parcours de vie et les amalgame, sans m’en rendre compte, dans le grand tout de la fiction. 

AFDL : Comment est né votre roman ?

Fanny : Je ne sais pas vraiment. Je me suis réveillée avec cette idée d’un paysan, grand-père, à la recherche de sa petite-fille orpheline grandissant dans le ventre d’une mère porteuse inconnue. Sensibilisée par mon parcours personnel en PMA, je suis attirée par ces sujets autour de la maternité. J’aimais l’idée d’aborder la GPA sous un autre angle, avec du recul, une trame très romanesque, un point de vue décalé sur une question contemporaine. J’avais envie aussi de me glisser dans la peau d’un homme ancré dans des valeurs terriennes, rurales, et de voyager avec lui au Canada.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Fanny : Je n’ai aucun rituel. Je manque toujours de temps pour écrire. Je saute sur chaque plage disponible et m’y mets vite, avec pour seule condition, un minimum de silence. J’écris chez moi. Quand il n’est pas en rendez-vous, mon mari architecte travaille à mes côtés. Nous partageons une grande table, avec vue sur la Seine. Je suis une fille du bord de mer, j’ai grandi dans une ville portuaire et j’ai besoin d’horizon. L’étendue vivante du fleuve m’apaise. L’île Seguin, en face de chez moi, est un chantier permanent. J’aime observer le défilé incessant de grues, de camions, et lever les yeux, de temps en temps, sur les coteaux de Meudon.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Fanny : J’ai achevé avant Noël le premier jet de mon prochain roman et suis en train d’en retravailler le manuscrit. Il s’agit d’un livre sur l’adolescence, l’émancipation et le droit à l’échec. J’ai déjà le sujet du roman d’après, un roman historique cette fois, qui me demandera un travail de préparation plus important, et dans lequel il me tarde de me plonger.

Je vais également écrire cette année l’adaptation du Berceau pour le cinéma. Je suis heureuse de revenir à mon métier de scénariste dans les prochains mois.

Enfin, je viens d’écrire un album pour enfants et y travaille avec un ami illustrateur dont j’admire le talent. 

AFDL : Quelles seront vos trois prochaines lectures ?

Fanny : Sérotonine de Michel Houellebecq, D’origine italienne de Anne Plantagenet (Stock) et Summer de Monica Sabolo.

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres  « Coup de Cœur »?

Fanny :  Dans le Faisceau des vivants de  Valérie Zenatti, À nous regarder, ils s’habitueront d’Elsa Flageul et Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard

AFDL : Un dernier mot ?

Fanny : Merci beaucoup et bonne lecture !!

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