Auteurs·Rencontres

Rencontre – Caroline Lunoir

Rencontre – Caroline Lunoir

caroline lunoir

Avocate pénaliste et romancière, Caroline Lunoir vit et travaille à Paris. Elle est l’auteure de La Faute de goût (2011) et Au temps pour nous (2015, prix littéraire des Sables-d’Olonne – prix Simenon) publiés chez Actes Sud.

Première Dame, son dernier roman est paru en janvier 2019.

AFDL : Bonjour Caroline, je vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions. Qui êtes- vous Caroline Lunoir ?

Caroline : Caroline Lunoir est un être de fiction, plus léger, détaché de ma vie quotidienne, heureux de renaître à chaque roman pour le plaisir de nouvelles rencontres, d’échappées, de weekends sur les routes, d’échanges passionnés.

Caroline Lunoir est la part romanesque de ma vie, ma part de rêve et de littérature.

Mais publier sous pseudonyme n’enlève pas tout ce qu’écrire révèle de soi et que l’on ne maîtrise pas !

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Caroline : Écrire, pour moi, c’est figer le temps, l’arrêter pour décortiquer un peu de la complexité du monde, chercher les mots justes pour capter un portrait, une personnalité, une trajectoire que je ne veux pas oublier, qui m’intriguent, que je souhaite tenter de comprendre et partager.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Caroline : Depuis que je sais écrire. Nommer les choses, les êtres, les sentiments relève de la magie. Jeune, je voulais retenir, agripper ce qu’il me restait des journées qui passent. Plus tard, j’ai davantage été captivée par le pouvoir des mots pour restituer une sensation ou une pensée, voire un paysage en m’attachant parfois à le décrire en une phrase, tous les jours, pendant des mois, pour cerner ses variations quotidiennes.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Caroline : J’ai toujours la sensation de ne pas avoir assez de temps pour écrire. Alors je profite de mes moments de pause suspendus à une attente ou à une transition, dans un train, dans le métro, dans une queue, ou à une audience, pour jouer avec mes personnages et réfléchir à mon texte. Ainsi, quand je me retrouve face à mon clavier, je sais déjà vers où aller, avec parfois des passages entiers déjà prêts à être consignés.

C’est drôle, en vous répondant, me revient à l’esprit le personnage d’Alba, d’Isabel Allende, dans « La casa de los esperitus » qui survit à son emprisonnement en écrivant, pour elle seule, dans sa tête, à l’insu de ses geôliers, un roman.

Je crois que si un jour j’avais le désespoir d’être enfermée, écrire en pensée un roman pourrait me sauver.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Caroline : Un article que je lis, une anecdote que j’entends, une personne que je croise et qui ne me quittent plus.

AFDL : Comment est né votre roman ?

Caroline : « Première Dame » est née de l’intensité dramatique de la dernière campagne présidentielle avec les gloires, les chutes, les scandales qui ont tenu tout l’électorat en haleine jusqu’au soir du second tour. Dans cette course folle, j’ai voulu réfléchir à la voix de ceux projetés dans la compétition et sous la lumière, en collatéraux, par le choix et l’ambition d’un conjoint ou d’un père.

Complètement happée par ce projet qui s’est imposé à moi soudainement, j’ai laissé de côté le texte que j’écrivais alors.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Caroline : Je m’installe souvent dans le salon, jamais loin de ceux qui m’entourent, avec une tasse de tisane ou de thé fumante à côté de moi et dans mon casque, pour commencer, les Gymnopédies de Satie oules Nocturnes de Chopin.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Caroline : Oui… Même si je marque toujours une pause après les dernières épreuves et à la parution d’un texte. Mes weekends sont alors plus oisifs et je n’éprouve pas le regret, le dimanche soir, de ne pas avoir su prendre le temps d’écrire.

Puis, l’écriture revient comme une urgence. Là, un nouveau projet me démange.

AFDL : Quelles seront vos trois prochaines lectures ?

Caroline :

À la ligne de Joseph Ponthus, La Table Ronde.

Changer le sens des rivières, de Murielle Magellan, Julliard.

4 3 2 1, de Paul Auster.

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres  « Coup de Cœur »?

Caroline : Un roman que je viens de relire et dont je ne me lasse pas, qui vous jette à la figure, avec ironie, avec humour, avec brio, toute l’absurdité de la guerre :

  • « Catch 22 » de Joseph Heller 

Et :

  • « Nos richesses » de KaoutherAdimi, Seuil
  • « Une si jolie petite fille : les crimes de Mary Bell », de Gitta Sereny , Points.

AFDL : Un dernier mot ?

Caroline : Je vais suivre vos conseils et lire « Le berceau » de Fanny Chesnel, Flammarion !

3 réflexions au sujet de « Rencontre – Caroline Lunoir »

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