Auteurs·Rencontres

Rencontre – Joseph Ponthus

Rencontre Joseph Ponthus

Joseph ponthus

Joseph Ponthus est écrivain. Après des études littéraires à Reims puis Nancy en hypokhâgne et khâgne, il commence une formation dans le social et devient éducateur spécialisé. Il travaille tout d’abord à la mairie de Nanterre, puis déboule à Lorient, en Bretagne, où l’amour lui fait épouser sa femme. Mais dans sa branche, l’emploi se fait rare et pour faire bouillir la marmite, il se voit contraint de postuler en agence d’intérim. Commence le travail à l’usine et l’écriture, chaque soir, pendant deux ans, de son ressenti – des réflexions ordonnées en roman sans ponctuation, publié aux Editions La Table Ronde sous le titre de A la ligne, Feuillets d’usine (Grand prix RTL-Lire 2019 et Prix  Régine Déforges du premier Roman 2019)

Joseph Ponthus a accepté de répondre à mes questions. 🙂 🙂 🙂

AFDL : Bonjour Joseph. Je te remercie sincèrement d’avoir accepté de répondre à mes questions. Qui es-tu Joseph Ponthus ?

Joseph : Je suis celui qui est décrit dans le paragraphe d’introduction et je tâche d’être d’un honnête homme, au sens humaniste du terme.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Joseph : Une bouée, un phare, un précipice, une tentation, une joie, une nécessité, un aveuglement, un interstice, un boulevard, une impasse, le vent.

AFDL : Depuis quand écris-tu ?

Joseph : Depuis que je sais écrire.

AFDL : Quand trouves-tu le temps d’écrire ?

Joseph : Il n’est de temps que celui qu’on vole au quotidien. Donc au quotidien.

AFDL : Ecrire en rentrant de l’usine, était-ce vital ? Si oui, pourquoi ?

Joseph : C’était même plus que vital. C’était absolu autant que nécessaire, au risque de l’étourdissement. C’était mon souci, dans ses deux acceptions, le tourment qui est aussi le remède.

AFDL : L’écriture permet-elle alors la survie ?

Joseph : La lecture et l’écriture sont, non pas la survie, mais la vie, je crois, tout simplement.

AFDL : Est-ce une envie d’échappatoire ou un désir de mémoire qui guide l’écriture ?

Joseph : « Je n’écris pas pour une petite élite dont je n’ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu’on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue. J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps ». C’est de Jorge Luis Borges, en exergue au Livre de sable.

Et chaque lecteur est un ami.

AFDL : Tes anciens collègues de l’usine ont-ils lu le livre ? Qu’ont-ils dit ?

Joseph : Ils ont lu, ils ont aimé, ils ont offert le livre à leurs proches en disant : « Tiens, lis, tu comprendras ».
Des collègues d’autres usines avec lesquels je n’ai jamais travaillé ont eu la même réaction.
Des fils et filles d’ouvriers m’ont fait les mêmes compliments.

AFDL : Comment vit-on après l’usine ?

Joseph : Je vis mieux, forcément ; d’autant que je suis à l’abri de contraintes pécuniaires pour quelques mois du fait du succès que commence à rencontrer ce livre.

Je ne cauchemarde plus qu’à l’occasion, je fais le tour de la France, je rencontre des lecteurs épatants et enthousiastes, je parle de livres à longueur de journée, je suis dans le train et j’ai le temps de lire et d’écrire. Je vis ma vie comme un miracle.

AFDL : Quel est l’accueil du public de ton roman ? Tes rencontres ? Leurs mots ?

Joseph : Comme dirait Stromae que j’aime beaucoup : « Formidable ».

AFDL : Les regards peuvent-ils changer sur le monde de l’usine ?

Joseph : À vrai dire je n’en sais strictement rien, et peu m’importe au fond. Je n’ai écrit que de ma propre place, la réception de ce livre ne m’appartient pas, ne m’appartient plus ; il vit sa vie de livre et c’est bien mieux comme ça.

AFDL : As-tu de nouveaux projets d’écriture ?

Joseph : Oui, et là j’ai un peu de temps et d’argent devant moi donc c’est un double oui !

AFDL : Quelles seront tes trois prochaines lectures ?

Joseph : Je suis enfin prêt, après je ne sais combien de tentatives infructueuses depuis plus de vingt ans, à lire Proust. J’en suis à 250 pages de Du côté de chez Swann, donc les trois prochains seront fatalement, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté de Guermantes et Sodome et Gomorrhe.

Puis il me restera La Prisonnière, Albertine disparue et enfin Le Temps retrouvé.

AFDL : Quels sont tes trois derniers livres « Coup de Cœur »?

Joseph :

Colombe sous la lune de Laurence Campa chez Stock en 2017

Éparse de Lisa Balavoine chez Lattès en 2018

Nager vers la Norvège de Jérôme Leroy chez La Table Ronde en 2019

(J’assume quelque copinage là-dedans mais ce sont vraiment trois livres merveilleux.)

AFDL : Un dernier mot ?

Joseph : Kamoulox !

AFDL : Merci !

7 réflexions au sujet de « Rencontre – Joseph Ponthus »

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