Roman Contemporain

Fugitive parce Reine – Violaine Huisman

fugitive parce que reine

Fugitive parce que Reine – Violaine Huisman

Editions Gallimard – 11 Janvier 2018

Editions Folio – 4 Avril 2019

coeur 5

 

 

Je remercie les Editions Folio pour cette lecture.

Résumé

«Ça ne voulait rien dire d’abord, maniaco-dépressive. Ou si, ça voulait dire que maman pouvait monter dans les tours, des tours que je visualisais aux angles d’un château fort, des donjons, au sommet desquels j’imaginais maman grimper à toute allure, et d’un bond plonger au fin fond des cachots ou des catacombes, enfin là où il faisait froid et humide. Maman avait donc disparu du jour au lendemain.» 

À travers ses yeux de petite fille, la narratrice raconte son enfance tumultueuse auprès d’une mère rayonnante, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais la plume de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit au rêve et à la liberté.

Mon Avis

Dès les premières pages, on plonge dans l’intimité d’Elsa et Violaine, deux sœurs malmenées par une mère psychologiquement instable, mais profondément aimante. Violaine Huisman, l’auteure raconte de sa plume de grande qualité, touchante et fluide, ce quotidien complexe, sans jugement, comme on pose un constat, un résumé de vie, tel quel, brut, sans fioriture, avec la douceur des beaux instants et la crudité des violences. L’amour suinte à chaque page et ce, malgré les défaillances et les excès, malgré l’exposition d’une intimité qui parfois heurte – sommes-nous des voyeurs ? Quelle part de chaque histoire doit-elle demeurer secrète, privée ? – la vulnérabilité des protagonistes nous saute au visage, nous serre les tripes et nous bouleverse.

« Il fallait qu’elle nous raconte encore parce que nous n’avons pas compris, et pas seulement parce que nous étions des petites connes incapables de l’écouter, mais parce que c’était incompréhensible, parce que tous les mots de tous les dictionnaires n’auraient jamais suffi à expliquer ce qu’elle avait sur le cœur. Alors, elle multipliait les brouillons, elle s’auréolait de griffonnages frénétiques, elle se fabriquait une nouvelle peau de ses mélopées obsédantes, une cuirasse d’extrêmes impudeur, mais aussi, oui, d’infinie poésie, de fable, de fantaisie. »

Catherine, cette mère border-line, maniaco-dépressive, Violaine nous livre son histoire, dans la seconde partie de son roman. Elle l’humanise par le récit d’une enfance brisée et d’une construction vacillante. C’est une femme éprise de liberté entravée par un besoin éperdu d’amour et de reconnaissance. Elle poursuit de futiles bonheurs, se détruit, chaque jour davantage, s’accroche aux illusions, creusant le lit de sa folie. Ses excès s’intensifient au point de perdre pied, au détriment de ses filles ; ses filles qu’elle aime plus que tout, mais qu’elle oublie parfois, qu’elle élève sans limite, à coup de stilnox et lexomil, d’insultes et de baisers.

« La vérité d’une vie n’est jamais que la fiction au gré de laquelle on la construit. »

Violaine Huisman rend un puissant hommage à cette mère imparfaite. Elle tempère les évènements, explique, raconte et surtout évoque l’amour passionné des filles à une mère et d’une mère à ses filles.

Un premier écrit personnel magistral. Une plume magnifique

*** Je vous invite à poursuivre votre lecture par la découverte de l’auteure qui a accepté de répondre à mes questions ICI

 

 

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Fugitive parce Reine – Violaine Huisman »

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