Roman Contemporain

Le Bleu du Lac – Jean Mattern

le bleu du lac

Le Bleu du Lac – Jean Mattern

Editions Sabine Wespieser – 3 Mai 2018

Editions Points – 22 Août 2019

coeur 4

 

 

Je remercie les Editions Points pour cette lecture.

Résumé

En remplaçant au pied levé Pogorelich dans une salle de concert londonienne, celle qui allait devenir la grande pianiste Viviane Craig ne se doutait pas qu’un défi bien plus difficile l’attendait.
Concertiste célébrée, elle vit depuis des années une passion secrète avec James Fletcher, critique musical charismatique – et boxeur à ses heures –, quand un appel lui apprend le décès brutal de son amant. Au bout du fil, l’exécuteur testamentaire, sans mesurer la portée de la requête posthume qu’il transmet, l’invite à jouer lors de la messe de funérailles.
Pendant le long trajet en métro qui va la conduire à l’église choisie par James, minutieux ordonnateur de la cérémonie, Viviane, stupéfiée d’avoir accepté sans réfléchir cette épreuve, laisse libre cours aux émotions qui l’assaillent. L’angoisse de ne pas parvenir à dissimuler son violent chagrin, voué lui aussi à la clandestinité, le ressac des souvenirs heureux, les confidences arrachées à l’homme énigmatique qu’était James cohabitent en un fiévreux et hypnotique monologue intérieur, au fil des stations de la Piccadilly Line.

Beau chant d’adieu et vibrant hommage au pouvoir de la musique que ce nouveau roman, parfaitement maîtrisé, de Jean Mattern, subtil interprète du trouble amoureux et de la complexité des sentiments.

Mon Avis

D’une seule voix, d’un seul souffle, les souvenirs reviennent ; leurs rencontres, leur amour, la clandestinité de l’aventure, ces années passées à se croiser et s’étreindre. Les pensées emplissent le voyage sur la Piccadilly Line, un trajet maintes fois fait, pour le voir, le sentir ; cette fois il sera ultime.

Les phrases sont immenses, d’une page à l’autre, des mots accolés, peu de points, peu de pauses, l’air manquant comme une douleur infinie, une respiration que l’on n’a plus. Une urgence. Viviane est sidérée, parfois résignée, parfois révoltée, la mort est si bête. James est parti emportant leur histoire, elle n’est plus son amante, elle n’est plus rien. Elle va jouer ce morceau qu’il a réclamé et gardera pour elle tout ce qu’elle sait, sera discrète, invisible, juste une artiste et non sa maîtresse. Tous ignorent.

L’émotion est vive, l’auteur maîtrise l’intimité des pensées, le cheminement de l’absence, le chagrin. C’est court, à peine 95 pages et pourtant très intense.

Une lecture d’une grande sensibilité.

 

4 réflexions au sujet de « Le Bleu du Lac – Jean Mattern »

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