Essais littéraires·Non classé

Lambeaux – Charles Juliet

lambeaux

Lambeaux – Charles Juliet

Editions P.O.L – Août 1995
Editions Folio – 11 Avril 1997

coeur 5

 

 

 

Résumé

Dans cet ouvrage, l’auteur a voulu célébrer ses deux mères : l’esseulée et la vaillante, l’étouffée et la valeureuse, la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.
La première, celle qui lui a donné le jour, une paysanne, à la suite d’un amour malheureux, d’un mariage qui l’a déçue, puis quatre maternités rapprochées, a sombré dans une profonde dépression. Hospitalisée un mois après la naissance de son dernier enfant, elle est morte huit ans plus tard dans d’atroces conditions.
La seconde, mère d’une famille nombreuse, elle aussi paysanne, a recueilli cet enfant et l’a élevé comme s’il avait été son fils.
Après avoir évoqué ces deux émouvantes figures, l’auteur relate succinctement son parcours. Ce faisant, il nous raconte la naissance à soi-même d’un homme qui est parvenu à triompher de la «détresse impensable» dont il était prisonnier. Voilà pourquoi Lambeaux est avant tout un livre d’espoir.

Mon Avis

Les rêves se brisent sur les travaux de la ferme, le père taiseux et la mère silencieuse, les sœurs dont il faut s’occuper. La vie l’aspire, les désirs s’enfouissent. Elle voudrait qu’on l’écoute et qu’on la chérisse. Elle voudrait apprendre. Elle voudrait aimer. Mais elle s’oublie dévorée de chagrin, avance et tient, mélancolique et fatiguée. Un mari. Des enfants. Et la solitude. Elle exécute encore et toujours, cette mère trop jeune, cette femme ignorée jusqu’à ce jour, plus difficile sans doute, où l’irréparable se tente, un geste sur la lassitude- inconcevable, nous sommes juste avant la guerre.

Charles Juliet nous raconte Elle, sa mère, recluse en hôpital psychiatrique pour avoir osé braver la vie, trop épuisée pour poursuivre, usée, déprimée. La mort ensuite. Inacceptable.

Le texte prend aux tripes. Une vie gâchée. Les silences. L’incompréhension. L’injustice. D’un Tu, il l’interpelle, celle qu’il n’a pas connue par inconscience des hommes. L’enfant pleure et nous avec lui.

Le récit s’étire sur l’après, sa vie dans l’autre village, l’autre ferme, l’autre famille où la mère adoptive le nourrit puis l’aime. Elle sera le roc sur lequel il s’appuie, lui que l’angoisse et la peur submergent. Il décrit. L’école, l’armée, l’école de médecine jusqu’au désir d’écriture – ce besoin viscéral ; une évidence.

L’évidence est entre nos mains – un livre, des phrases sèches et brutes, une douleur, presque un cri qui tinte comme un poème.

Un écrit d’une rare intensité.

 

 

12 réflexions au sujet de « Lambeaux – Charles Juliet »

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