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Rencontre – Eloïse Cohen de Timary

Rencontre Eloïse Cohen de Timary

Eloïse Cohen de Timary

Eloïse Cohen de Timary est une écrivaine française née en 1982. Après « Babylone Underground », son premier roman, elle publie, en 2020, « Les amants météores » aux Editions JC Lattès.

Eloïse Cohen de Timary a accepté de répondre à mes questions.

AFDL : Bonjour Eloïse, je vous remercie d’avoir accepté de répondre à mes questions. Qui êtes- vous Eloïse Cohen de Timary ?

Eloïse : Je crois que les fictions qu’on écrit en disent beaucoup sur qui l’on est. Dans Les amants météores, il y a de bonnes choses à manger, de bons vins, une atmosphère de fête, de gaieté, des fleurs, des livres…bref, ce que j’aime dans la vie. Et puis des personnages qui se battent pour aller au bout de leurs rêves, de leurs désirs, quels que soient les obstacles ou les drames qu’ils traversent. Vous me demandez qui je suis, et justement la question de l’identité est centrale dans ce roman : Virgile est un homme homosexuel qui tombe amoureux fou d’une jeune femme… L’idée que l’identité puisse être quelque chose de fluide et en mouvement m’intéresse beaucoup. Car le plus souvent dans nos vies, on se limite. On endosse nos rôles, conformes à l’identité qui est la nôtre, et on s’y cantonne. L’identité serait comme une sorte d’enclos dans lequel on essaye de grandir, de s’épanouir, et dont nous franchissons rarement les barrières. C’est pour ça que j’aime écrire des fictions. Pour franchir des barrières, précisément. Et vivre des vies multiples.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Eloïse : Ecrire, c’est d’abord pour moi raconter une bonne histoire, trouver la bonne manière de l’exprimer, et trouver les mots justes, c’est-à-dire ceux qui seront à même de provoquer une émotion. C’est aussi créer une atmosphère, des paysages, et des personnages à qui l’on s’attache et qu’on n’a pas envie de quitter. C’est donc créer un autre réel, dans lequel on vit le temps de l’écriture et que les lecteurs viendront habiter à leur tour.

L’écriture, ça représente aussi une confrontation avec l’inconnu. Quand je commence un roman, je ne sais pas exactement ce que je vais trouver, ni ce à quoi ça va ressembler. C’est à la fois très exaltant mais aussi vertigineux.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Eloïse : J’ai commencé à écrire à l’école primaire, à la suite d’une rédaction faite en classe. Une fois chez moi, j’ai écrit la suite sur un petit cahier. Ça s’appelait « Valérie et la sorcière », et c’était, on peut le dire, assez incohérent ! J’ai continué à écrire des histoires courtes dans ce cahier, puis ensuite des nouvelles. Je n’ai en revanche jamais tenu de journal intime. C’est quelque chose que je n’ai jamais fait, écrire mon ressenti, mes chagrins, mes rêves, mes fantasmes. J’ai toujours fait ça sous forme de fiction.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Eloïse : Depuis deux ans, je consacre une grande partie de mon temps à l’écriture. Donc j’écris à des horaires classiques de bureau. Sauf quand je termine un livre, il n’y alors plus d’horaires.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Eloïse : Elles sont diverses et hétéroclites. L’inspiration peut venir d’un détail lors d’une conversation, d’un reportage radio ou télévisé, d’un article de journal, ou encore de souvenirs personnels. Une scène de film peut aussi provoquer en moi une émotion particulière et m’inspirer une idée, tout comme une phrase d’un livre. Bref, tout ce qui m’émeut, me touche et me fait vibrer peut potentiellement donner naissance à une fiction.

AFDL : Comment est né votre roman « Les amants météores » ?

Eloïse : Tout est parti du désir de raconter une grande histoire d’amour, contemporaine, entre une femme et un homme homosexuel. Sans en dire trop pour ne pas déflorer l’intrigue, l’idée était de raconter l’histoire d’un amour fou qui mène à un geste fou. Je voulais aussi écrire une histoire de femmes fortes, de guerrières, dans laquelle l’amitié, et en particulier l’amitié entre femmes, aurait un rôle important dans le dénouement.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Eloïse : Pas spécialement. Mais j’écris toujours à mon bureau, et à l’ordinateur. Parfois pour me lancer je lis quelques pages d’un livre, ou j’écoute un titre ou deux de musique. Et puis j’essaye de rester concentrée.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Eloïse : J’ai un nouveau roman en projet, oui.

AFDL : Quelles seront vos trois prochaines lectures ?

Eloïse : Souvent, le livre que je suis en train de lire m’inspire la lecture suivante. Donc j’ai du mal à prévoir ! Mais en ce moment il y a plusieurs titres qui me tentent particulièrement : Un livre de martyrs américains de Joyce Carol Oates ; Swing Time de Zadie Smith ; Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout d’Alice Munro dont j’adore les nouvelles. Et puis le roman graphique Fun Home d’Alison Bechdel.

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres  « Coup de Cœur »?

Eloïse : A l’est d’Eden de John Steinbeck, Fay de Larry Brown, et L’Adversaire d’Emmanuel Carrère dont l’écriture me bouleverse toujours. J’ajouterais aussi la Correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès, parce que ces amants-là, vraiment…

AFDL : Un dernier mot ?

Eloïse : Un grand merci pour votre intérêt !

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