Roman Contemporain

Pacemaker – Frédérique Cosnier

pacepaker

 

Pacemaker – Frédérique Cosnier

Editions Le Rouergue – 4 Mars 2020

Coup de coeur

 

 

Je remercie les Editions Le Rouergue pour cette lecture.

Résumé

Il manque beaucoup de monde dans le tableau de famille de Louise. La jeune femme n’a plus que son père et Gary, un fauve domestique aux yeux d’or, qui assassine les mésanges. Alors elle s’évade auprès de la joyeuse troupe des Gazelles, avec lesquelles elle répète un spectacle de danse orientale. Mais ce matin-là, jour de son anniversaire, alors que les danseuses doivent se produire à Gai-la-Fontaine pour un événement caritatif, des enfants sont pris en otage dans l’école de Grisors, toute proche, et le pacemaker de son père décide de faire des siennes.

Dans ce roman de la vie qui résiste à la violence de l’époque et aux rumeurs de la haine, par la grâce d’une écriture infiniment sensible, aux mouvements imprévisibles, Frédérique Cosnier fait surgir un monde dont les enchantements naissent des pulsations même du cœur.

Mon Avis

Elle et lui, le quotidien s’organise – ils vivent ensemble, tous les deux puisque les autres sont partis, elle et lui, deux cœurs complices ; l’un est l’élan, l’autre se cale. Ils vont danser, Louise avec sa troupe et ses amis, Anselme sur son canapé à les regarder, Gary le chat sur les genoux. Un rythme en accord, enrayé quelques fois par un souvenir. Un mot. Une idée. Anselme est fatigué.

Proche, un évènement. Une griffe dans le quotidien. L’école est assiégée. On en parle. Et reparle. Les langues s’affolent portées par les dires de chacun parce que chacun a son idée, bien évidemment. Tout est histoire d’histoire. Et de passé. Et d’expérience. De mémoire.

La mémoire, parlons-en ! Frédérique Cosnier l’écrit. Celle de l’esprit et du corps, profondément marquée dans les actes et les pensées – source intarissable de l’identité propre, nichée au cœur de tous. Cette mémoire qui fera de Louise une fille dévouée aux idées franches et d’Anselme un père transigeant aux brusques intolérances.

L’écrit est vif, rythmé par la musique et la danse de Louise et des Gazelles, l’art de Sylvain ou de Samir, avec dans nos oreilles le cœur d’Anselme. Il bat en cadence – des pulsations et des silences selon l’effet du pacemaker telle la vie qui s‘écoule parfois lisse, parfois abrupte.

Ce roman est court – à peine 125 pages – et relate une seule journée. C’est d’une traite que je l’ai lu totalement subjuguée par la langue poétique et chantante, le style délié et la saveur des mots choisis. La sensualité des corps y est magnifique, l’amour filial poignant, l’amitié forte ; on se laisse prendre, happé par les heures de cette famille (re)composée au doux parfum de différences, conscient qu’en filigrane se dessine aussi la violence du temps qui passe.

Cette lecture est incontestablement un coup de cœur.

 

6 réflexions au sujet de « Pacemaker – Frédérique Cosnier »

    1. Une découverte aussi !
      J’ai appris que cette auteure était de Besançon, du coup j’ai voulu lire son roman. J’ai trouvé sa plume vraiment très très belle. 🙂

      J'aime

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