Roman historique

Chant des plaines – Wright Morris

Chant des plaines – Wright Morris

Editions C. Bourgois – 18 Mars 2021
Trad. De l’anglais (USA) par B. Matthieussent

Je remercie les Editions Bourgois pour cette lecture.

Résumé

Dans les grandes plaines des États-Unis, une jeune femme raisonnablement dodue et en bonne santé trouvait facilement acquéreur au début du XXe siècle.
Ainsi Cora, bien qu’un peu maigre, épouse un fermier. Ils ne se connaissent pas et leur vie commune les rapprochera à peine plus. Lors de la nuit de noces, pour étouffer sa douleur, Cora se mord profondément la main. C’est le cheval qui l’a mordue, dira Emerson au docteur. De cette union, jamais réitérée, naîtra une fille, Madge. Celle-ci est élevée avec Sharon Rose, sa cousine née peu après elle, comme si c’était sa sœur. Si la première tient de Cora, une fille de la campagne dure à la tâche, désireuse de se marier, la seconde épouse un autre destin et part étudier à Chicago. Dès lors, celle-ci observe de loin l’épanouissement de la ferme : la naissance des filles de Madge, l’arrivée du téléphone, du réfrigérateur et de la télévision, la modernisation de l’outillage agricole. Jusqu’au déclin de la ferme.
C’est sur les terres ingrates du Nebraska, glacées en hiver, caniculaires en été, soumises à de violentes tempêtes, que raisonnent et s’entremêlent ces voix féminines, défiant le temps perdu tout autant que l’avenir.

Mon Avis

Publié en 1980 et jusqu’à lors jamais traduit en France, « Chant des plaines » nous plonge dans l’Amérique profonde, au Nebraska, dans les années 1900. Cora, jeune femme rude et travailleuse y épouse un fermier taiseux avec lequel elle aura une fille, Madge. Vivent aussi sur les terres, Orion son beau-frère et Sharon Rose, la fille de ce dernier issue de son concubinage avec Belle, morte en couches. Ainsi, le cadre est posé sur la lenteur d’une description paisible et détaillée, les mots précis amenant peu à peu à ressentir la cruauté des saisons, l’affliction de la vie et l’âpreté des taches. Déroulant le quotidien, l’auteur (1910-1998) originaire de la contrée, oppose par le regard de Sharon Rose partie étudiée à Chicago, la dure réalité d’un monde traditionnel à celle délibérément ambitieuse de la grande ville. Les technologies se multiplient ouvrant sur les échanges notamment par l’arrivée du téléphone et de la télévision. L’époque change.

Roman sur l’évolution du monde rural, cet écrit se lit autant comme une fiction dont on apprécie le récit et les personnages que comme un documentaire dont on peut tirer un enseignement sur la période historique. L’écriture est ciselée, le texte prenant malgré quelques longueurs. 

Une belle lecture.

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